11 au 17 mai 2013
Nous prenons une mauvaise décision qui au final va s’avérer pas si mauvaise.
Pour nous rendre de El Nido à Busuanga nous décidons de ne pas prendre un petit bateau 6 heures au milieu du Pacifique pour des raisons de sécurité : certains accidents sont à déplorer… Finalement cela semblait jouable au vu de la meteo et mer calme. A la place nous prenons un petit avion pour Manille puis un second vers Busuanga avec une nuit à Manille entre. Cela nous prend du temps et nous coûte un bras. Mais cela nous permet surtout de nous rendre chez un dentiste sérieux (reco de l’ambassade), avec Léna qui souffre depuis quelques jours d’une vilaine carie.
Comme quoi….
Manille alterne gratte-ciels new-yorkais (quartier Makati) et bidonvilles multicolores comme dans un film de Brillante Mendoza. Cette capitale est surtout connue pour la violence et la prostitution – Manila Vice – mais en son centre le quartier historique d’Intramuros reste assez agréable, c’est là que nous séjournons. Il faut dire que la ville a été rasée en 1945 lors de la bataille féroce opposant Japonais et Américains.
C’est une ville étonnement latine et joyeuse sillonnée par les Jeepneys, ces jeeps collectives bricolées en aluminium aux couleurs et lumières rutilantes.
A Busuanga nous redécouvrons le plaisir d’arpenter les îles et notamment celle de Coron. Pour résumer, l’île de Coron c’est l’île de King Kong (prenons la version de 1976 avec Jessica Lange pour simplifier) : une île montagneuse recouverte de végétation et roches polymorphes, trouée en son centre de lacs aux eaux limpides. Les enfants y réalisent des sauts spectaculaires depuis les rochers. Nous faisons une cure de poissons grillés et de mangues. Lors de notre seconde sortie le nom du bateau ne nous rassure pas – Turista K – mais au final rien à déplorer.
Nous fêtons la Fête des mères le 12 mai, et oui c’est la date ici, d’un buffet médiocre à notre hôtel avec reprises musicales live par un couple guitare et maracas.
Natacha est gâtée par les enfants qui improvisent de beaux cadeaux avec ce qu’ils ont sous la main : polystyrène et papier.
Le lundi 13 mai ont lieu des élections sénatoriales et municipales cruciales pour que Benigno Aquino – fils du leader démocrate assassiné en 1983 à son retour d’exil durant la dictature Marcos – puisse poursuivre sa lutte contre la pauvreté et la corruption. Les murs sont recouverts d’affiches multicolores à la gloire des nombreux candidats. Le lendemain du scrutin, nous découvrons dans la mairie de Coron des urnes pleines et scellées entassées sans surveillance et un dépouillement qui se fait sur un coin de table… rien de très rassurant pour la démocratie.
Gaëlle nous quitte pour rejoindre la France, impatiente de retrouver son travail et les températures hivernales
Les Philippines sont vraiment une destination à découvrir rapidement. La plupart des endroits y sont restés authentiques (sauf probablement les plages très connues comme Borocay), les paysages marins et terrestres (rizières au nord) sont incroyables et les gens ont conservé gentillesse et joie de vivre – il faut néanmoins un peu «barouder» et accepter les conforts authentiques donc limités de certains hôtels, bus et bateaux mais rien de bien terrible.
Après ces belles journées, nous retournons dans l’agitation urbaine, direction Hong Kong, notre porte d’entrée sur l’empire du milieu.
























