Que reste-t-il de notre tour ? Que reste-t-il de ces beaux jours ?

26 juillet 2013 – Paris – 103.000 km parcourus

P1050681

La Liberté, le Temps et l’Espace
Nous avons été maîtres du Temps et de l’Espace pendant 9 mois et ça c’est déjà un grand bonheur… et nous en avons pleinement profité ! Bien sûr nous avions des contraintes, dont celle de faire l’école aux enfants, mais nos journées étaient des pages blanches qui n’attendaient que nous pour s’animer. Ce luxe inouï, que nous nous sommes permis, nous est souvent envié, alors qu’en fait il suffit avant tout de volonté, de quelques sacrifices et d’un peu d’inconscience…. mais la contrepartie est sans égal. Notre société réprouve la désinvolture du voyageur qui jette son « continuez sans moi » aux autres. Malgré tout il faut réaliser ses rêves, et vite : tout est possible !

La liberté est toujours possible. Il suffit d’en payer le prix.
Henry de Montherlant

Nous avons également appris à adopter le principe dit « du poulet grillé » découvert dans un livre lu durant le voyage. Il consiste à manger le poulet grillé quand on passe devant le marchand et qu’il est prêt, que son odeur nous fait saliver, plutôt que de repousser ce plaisir à plus tard. Nous ne l’appliquons pas avec notre famille nomade en Mongolie et repoussons au lendemain une balade à cheval. Résultat : le lendemain nous devons l’annuler car la belle vallée est noyée sous un déluge. Faire ce que l’on veut dès maintenant et ne pas repousser au lendemain… C’est d’ailleurs le principe qui nous a conduit à décider notre départ si rapidement : demain tout peut arriver qui nous empêcherait de partir.
On veut et on peut le faire aujourd’hui ? Alors allons-y avant que cela ne soit plus possible !

Quant à l’Espace, ce grand luxe de notre siècle, il nous a totalement fascinés chaque fois que nous l’avons croisé, en Patagonie, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Mongolie…. L’homme devient alors probablement mystique ou alcoolique (comme le dit Yves dans un commentaire) mais il sent surtout son cœur battre plus fort. Ce voyage nous confirme également que la proximité avec la nature est un élément indispensable pour bien vivre. A la lecture de son émouvant On peut se dire au revoir plusieurs fois, nous avions retenu que c’est d’ailleurs cet éloignement qui aurait en partie coûté la vie à David Servan-Schreiber.

Oublier nos peurs
Comme tout être rationnel, en partant nous nous méfiions des maladies, des climats extrêmes, des vols et de tous les problèmes évoqués à longueur de blogs et de guides. Mais la plus grande peur reste celle de l’inconnu, celle qui nous fait nous cantonner dans nos vies très maîtrisées. Vaincre ses peurs et faire confiance en la vie n’est pas toujours facile.

La matin avant de s’élancer en camping car dans la fournaise du désert australien nous n’étions pas fiers mais la récompense a été à la hauteur. La plupart de nos plus beaux moments ont d’ailleurs été arrachés à la peur de l’inconnu comme dans les montagnes de Patagonie. La vie donne à ceux qui lui font confiance, elle reprend à ceux qui lui refusent.
« Plus ça va et mieux c’est ! » nous avait confié un couple québecois rencontré au Nord du Brésil et ayant effectués plusieurs voyages au long cours. Ils avaient bien raison car en prenant confiance le voyage change du tout au tout !

P1010525

Au final nous nous en sortons avec une dent dévitalisée à Hong Kong pour Léna et un bras cassé en Mongolie pour Félix… plus de peur que de mal !

Partir à l’aventure
Avec ce voyage nous étanchons notre soif de voyage, de découverte, de liberté et d’aventure.
Bien sûr en appuyant sur une touche on parle et on voit n’importe qui à l’autre bout du monde, et en plus c’est gratuit… Dans notre monde si bordé et hyper-connecté l’aventure ne serait qu’un vague souvenir bon pour le cinéma et la littérature ? Et pourtant partir 9 mois à 4 reste une aventure, du moins c’est ainsi que nous l’avons vécu. Les imprévus surgissent toujours – notre tout premier vol a été annulé et nous l’avons appris à l’aéroport – les rencontres modifient les trajectoires et chaque jour nous place devant des choix.

Errer humanum est chantait Tiéphaine. En tout cas étendre nos territoires et nos horizons a toujours été une volonté chez nous. N’en déplaise à Lao Tseu, plus on se fixe de limites, plus on réduit son territoire et plus on réduit son esprit et se développe la peur ou la paresse d’en sortir.

Sans sortir de ma maison je connais l’univers ; sans regarder par ma fenêtre je découvre les voies du ciel. Plus on s’éloigne et moins on apprend.
Lao Tseu (qui n’est pas le saint patron des voyageurs…)

P1050749

Aller voir si « la vraie vie est ailleurs »
Nous ne sommes pas naïfs et savons que la vie est surtout là où on décide de la mener.
Notre vie parisienne, bien que frénétique, est agréable, passionnante et pratique : peu de questions à se poser, il suffit d’avancer. En ville chaque acte se déroule au détriment de mille autres écrit justement Sylvain Tesson.
Néanmoins nous nous verrions bien vivre dans d’autres villes comme Sydney, Auckland ou Hanoï.

Rester curieux
Quelles sont les 3 ou 4 choses que nous aimerions transmettre à nos enfants ?
Parmi les réponses, la curiosité arrive en bonne place pour nous. Aller vers les autres, voir ce qui se passe ailleurs, découvrir, tenter de comprendre, sont des actions clé pour se construire et mieux vivre dans notre monde. Ce voyage nous offrait ainsi une orgie de curiosité.

Comme le chantent les poupées niaises de Marne la vallée, It’s a small world after all ! Et en effet ce qui nous divise est bien faible en comparaison de ce qui nous rassemble, humains de tous les pays, à la recherche d’un bonheur que nous trouvons chacun où nous le pouvons. Bien sûr les religions ont un effet direct sur le moyen d’accéder à ce bonheur. Le Vietnamien bouddhiste ne réagit pas comme le Philippin catholique : l’un fuit la douleur en repoussant les passions et désirs de ce monde quand l’autre vit avec le couple infernal péché/rédemption.
De même chaque culture est bien différente et ces différences sont un des grands plaisir de ces voyages, à commencer par l’alimentation.

Au final 95% des gens rencontrés sont coopératifs et généreux, de quoi être rassuré sur la nature humaine. Combien de cadeaux donnés aux enfants et de sacs ou lunettes ramenés en courant après un oubli…

Nous avons partagé 1 heure, 1 jour, 1 semaine ou 1 mois avec des personnes rencontrées. Néanmoins pour prétendre réellement partager le quotidien des autres rien ne remplace le temps. Ainsi nous avons vécu ces partages surtout au Vietnam où nous sommes restés un mois à Hanoï en y travaillant, et dans quelques endroits comme l’île de Pâques ou Valparaiso, mais cela est resté assez rare. Ce sera une de nos déceptions.

Mieux nous connaître
Une de nos surprises est la grande capacité d’adaptation des enfants. Bien sûr ils râlent parfois pour éviter une marche mais dans l’ensemble ils suivent et à chaque endroit retrouvent des occupations et des amis. Au Vietnam, ils se sont faits des amis à l’école bien entendu, mais aussi dans le voisinage de notre maison en allant jouer avec des enfants des ruelles qui ensuite venaient chaque soir les réclamer à la porte.
Sébastien subit toujours sa soif d’action permanente et le voyage, tout en l’atténuant, ne la soigne pas. Dès qu’il reste plusieurs jours sans réelle activité, il tourne en rond comme un lion en cage !

DSC01956

Globalement nous sommes parvenus à nous adapter et trouver des solutions à ce qui se produisait durant le voyage, alors que vu de Paris tout nous semblait si compliqué. Nous avons de très bon souvenirs des trajets de 20 heures de bus en Argentine !
En revanche nous avons également dû accepter nos limites. Nous ne sommes que des aventuriers aux petits pieds voyageant avec 2 jeunes enfants. Limites physiques bien entendu : même si nous avons entrepris des marches de plus de 20 km, nous ne sommes pas entraînés pour des gros efforts répétés. Limites affectives également : nos familles et amis nous aurons manqué continuellement durant ce voyage malgré les moyens modernes de communication.

Lorsque nous étions dans un aéroport ou quand un «invité» rentrait en France, Félix disait qu’il était partagé 50/50 entre continuer et revenir : d’un côté nous étions impatients de retrouver amis, familles, maison… mais de l’autre nous savions que chaque jour nous découvrions des lieux et des gens extraordinaires et qu’il s’agissait là d’une chance unique.

Vivre en famille
Dans nos vies quotidiennes parisiennes nous nous croisons beaucoup, et avons assez peu de temps continu en famille. Partir 9 mois permettait de partager un moment unique ensemble. C’est en effet ce qui est arrivé mais cela n’a pas été tous les jours le plus simple. Pour le couple, le projet commun est un fort catalyseur mais vivre 24h sur 24 ensemble et surtout sous le regard permanent des enfants est un défi.

Faire l’école aux enfants a franchement été un exercice le plus souvent pénible pour les parents et les enfants. Quant à l’efficacité nous le verrons prochainement mais nous restons humbles sinon réservés…
La première réflexion qui nous est faite lorsque nous échangeons sur le tour du monde avec des personnes croisées c’est : « quelle belle expérience pour les enfants ! ». Est-ce bien le cas ? En sont-ils convaincus ?  Nous le saurons peut-être vraiment dans 20 ans !

Réalité ou fiction ?
On pourrait se dire que le tour du monde n’est qu’une fiction, un rêve ininterrompu de 9 mois. Tout au contraire, le tour du monde nous immerge totalement dans le réel.

Tout d’abord en nous ramenant en bas de la pyramide de Maslow, chaque jour nous devons répondre à des questions simples : Où dormir ? Quoi manger ? Comment se déplacer ? La grande différence avec ces même questions à Paris c’est que nous sommes alors dans un univers inconnu quand « à la maison » nous sommes dans un univers très maîtrisé, où chaque question possède une réponse simple : malade = docteur, courses = Monoprix, dormir = maison, se déplacer = voiture ou métro… D’ailleurs ce que nous découvrons chaque jour n’est que le réel de notre planète : merveilles de la nature, diversité des cultures, conditions humaines… tout ceci n’est que le réel mais c’est déjà beaucoup !

En conséquence, la fiction à laquelle nous faisons si souvent appel dans nos vies quotidiennes (théâtre, cinéma, littérature …) nous « transporte » ici de manière incroyable. Lorsque nous regardons un film – par exemple dans l’avion – nous oublions notre voyage, nos questions réelles et quand le mot FIN s’inscrit sur l’écran il nous faut quelques secondes pour nous ramener à notre réalité.

Ce voyage ne stimule pas les mêmes fonctions que lorsque nous vivons notre quotidien. Nos capacités d’organisation -survie parfois-, d’adaptation et de pragmatisme sont mises en œuvre constamment. De même nos capacités à communiquer et échanger avec les autres sont perpétuellement en action car nous avons constamment besoin de nous renseigner, comprendre, acheter… nous dépendons complètement des autres !
Le réel est devenu notre fiction, ce voyage un film unique.

Ce que nous avons également vu :

  • La planète Terre est un spectacle incroyable et saisissant, sans cesse renouvelé, sans cesse surprenant : insurpassable.
  • Dans tous les pays s’étalent de grands et beaux messages sur la protection de l’environnement. Dans la réalité les dégâts sont impressionnants, occasionnés par la pollution, les déchets, l’industrie touristique ou la méconnaissance des effets (destruction des coraux par les pêcheurs par exemple).
  • Les Français restent de grands voyageurs, nous en avons trouvés absolument partout.
  • Le seul musicien français entendu en 9 mois c’est Manu Chao, du Brésil à la Thaïlande… mais c’est encore avec son album Clandestino qui commence à dater !
  • L’être humain a une formidable capacité d’adaptation. Ceci vaut pour nous qui avons survécu à ces 9 mois de changements perpétuels, mais surtout pour tous ces hommes et ces femmes qui parviennent à être heureux malgré des conditions parfois difficiles.
  • Malgré les diversités, ce qui nous relie est bien plus fort que ce qui nous sépare. Vivre heureux en famille en subvenant à ses besoins reste l’objectif de la majorité de l’humanité.
  • Incontestablement ce sont les femmes qui font tourner le monde. Ce sont elles qui travaillent dans les rizières (à Hanoï on trouve même un formidable Musée de la femme), ce sont elles qui élèvent les enfants, ce sont elles qui assurent un foyer à leur famille. En revanche il y a une grande majorité d’hommes aux combats de coqs philippins, aux courses de lévriers australiennes et dans les bars mongols…
  • Nous sommes des utilisateurs assidus des outils web et encore plus pendant ce voyage (Tripadvisor, Airbnb, Booking et les blogs nous ont été très utiles) mais dans certains pays le temps et l’énergie dépensés dans les réseaux sociaux nous a semblé hallucinant. C’est au Vietnam que cela nous a le plus frappés car nous étions au contact quotidien des locaux. La plupart des professeurs passaient des heures sur Facebook comme la grande majorité des employé(e)s que nous croisions.
  • Durant les derniers jours à Pékin nous reprenons contact avec nos travails via mail et téléphone et nous sentons la tension et la fatigue, parfois la lassitude, de nos interlocuteurs nous ébranler. Nous mesurons notre privilège.
  • Le Lipton Yellow est sans conteste le thé le plus largement commercialisé… au grand désarroi des amateurs de thé que nous sommes. Ce mélange amer de thés inférieurs continue ainsi à détourner du thé des générations entières dans tous les pays du monde.
  • En Asie, l’influence de la Corée nous a frappés. Les films, la musique (la fameuse K-pop) et l’économie de ce pays sont ultra-présents partout en Asie, sans même parler du phénomène Gangnam style ….Tout le monde danse le Gangnam style jusque dans les steppes mongoles !
  • Le container aura été le fil rouge de notre voyage. Sur les cargos de Valparaiso, en boutiques chics à Christchurch, en échoppe de rue ou cabane de chantier en Mongolie, c’est le symbole universel de la mondialisation détourné en lieu de vie.

Revenons-nous changés ?
Tels les loups dans le Mercantour, il faudra déjà nous réinstaller dans notre milieu naturel pour savoir si nous avons réellement changé, si face à des stimuli habituels nous réagissons différemment. A ce jour nous n’avons pas conscience d’un changement profond mais davantage d’une évolution, d’une ouverture d’esprit nouvelle, de la fierté d’avoir réussi cette aventure, d’un gros paquet de photos et d’un gros trou dans notre compte en banque.

A court-terme, nous rêvons d’un pot-au-feu (Sébastien), d’une île flottante (Félix), d’un steak saignant (Léna), d’une baguette tradition chaude avec du beurre demi-sel (Natacha)… et de quelques habits neufs !

Et puis après ?
Et quand le kaléidoscope aura bien fonctionné, quand la chasse aux images et aux sensations aura lassé le collectionneur, ce pointillé d’impressions juxtaposées va-t-il se lier, ce pollen sera-t-il fécond, va-t-il nouer ?
Théodore Monod

Le trajet de la Lune à la Terre

16 juillet au 23 juillet 2013

DSC_0040

Koh Pha Ngan, distante d’une vingtaine de kilomètres de Koh Samui est célèbre pour ces fêtes de la pleine lune depuis très longtemps. Devant ce succès sont apparues, les fêtes de mi-lune, les fêtes de lune noire (pas de lune quoi), les fêtes de la jungle, les fêtes des chutes d’eau etc…. Tout ceci attirant une population de fêtards plus ou moins éveillée, du moins au sens bouddhiste du terme. Heureusement notre séjour s’est déroulé entre une half moon et une full moon party et nous étions situés de l’autre côté de l’île.

L’île est bien plus sauvage que Koh Samui, envahie par une jungle luxuriante qui s’étale sur des collines élevées : superbe. Les côtes Nord et Est restent calmes et nature.
Malgré un temps assez gris, nous profitons de la plage, des massages et de la sublime cuisine des petits restaurants thaï autour de l’hôtel. Nous prenons d’ailleurs un cours de cuisine en famille dans un de ces restaurants, apprenant à faire 3 sommets de la cuisine thaï ; la Tom Yam sans surprise, le curry vert et le Pad Thaï (nouilles de riz sautées avec légumes, poulet et cacahuètes). Nous nous régalons de nos recettes mais trouverons-nous les matières premières sur Paris ? Probablement à Belleville.

DSC_0027 - Copie

Suivent 2 jours de voyage. De Koh Pha Ngan à Samui en bateau puis avion jusqu’à Bangkok. Nuit dans un petit hôtel pas cher de banlieue à la climatisation sur-puissante. Puis le lendemain le grand vol avec changement à…. Helsinki. Les voies aériennes sont décidément impénétrables. Encore un nouveau pays que nous ne connaissions pas mais 4 heures ne suffiront pas à voir autre chose que les même boutiques de Duty Free que celles du monde entier…
Entre nostalgie de cette belle aventure et joie de retrouver nos proches et notre maison, nos sentiments s’entrechoquent.

A l’arrivée, notre famille nous attend avec banderoles et ballons multicolores ! Les sœurs de Natacha ont même «ouvert» la maison avec courses pour le petit-déjeuner du lendemain… service de grande classe et belle surprise. Un dernier verre de champagne à la maison et nous nous endormons à minuit, en rêvant à des cavalcades dans les steppes mongoles et des escalades de glaciers patagoniens alors que le programme du lendemain c’est plutôt docteurs et supermarché…

1000 mercis à ceux qui nous ont suivi via notre blog. Plus de 25.000 visites (pages vues) c’est une fréquentation inattendue pour ces articles que nous avons écrits comme un carnet de voyage et ces photos et vidéos que nous avons présentées comme autant de cartes postales de pays lointains. Merci également à tous ceux qui ont rendu ce voyage possible : notre base arrière administrative et foncière Mamie Charlotte, notre seconde base Séverine, l’HEGP, nos visiteurs durant le voyage…
Un petit dernier article dans quelques jours et ce blog se figera comme cette parenthèse enchantée dans notre mémoire.

Video Bières du Monde

Un tour du monde c’est des rencontres, des paysages, des visites, des déplacements mais également de la nourriture et des boissons.
Voici un rapide panorama des bières rencontrées et bues, un hommage à ce breuvage exotique, car la bière est bien la seule boisson produite localement dans tous les pays que nous avons traversés !

Vacances à la thaïlandaise

8 juillet au 15 juillet 2013 – 92.000km parcourus

DSC_0195

Des vacances ? Mais cela fait plus de 8 mois qu’ils sont en vacances devez-vous vous dire ! Ce n’est pas faux mais ce voyage n’a pas été de tout repos et nous avons choisi cette destination pour récupérer à 2 semaines du retour, un sas avec la vie normale… 

Mais pourquoi donc la Thaïlande ? Parce que la Thaïlande c’est un peu «l’Asie pour les nuls». Tout y est simple ; transports efficaces, hébergements nombreux, nourriture sublime, hôpitaux performants, anglais courant, plages de rêve, randos dans la jungle, temples en pagaille, et le tout pour pas cher sans même avoir besoin de manger avec des baguettes ! C’est d’ailleurs ici que Natacha et Sébastien étaient venus pour la première fois en Asie, il y a presque vingt ans, séparément à l’époque…

Dès le premier jour la gentillesse désarmante des Thaïs nous enchante et Sébastien se rue sur une Tom Yam, son plat préféré, une soupe à base de crevettes, tomates, oignons, champignons, citronnelle, feuilles de kaffir, galanga, coriandre, piment et citron vert… absolument indépassable !

Pendant 2 jours nous arpentons Bangkok, plutôt agréablement surpris par l’authenticité préservée dans la plupart des quartiers (à part Khao San road devenue un hypermarché du routard). Nous logeons en centre ville dans un hôtel aéré, agréable et bon marché, une aubaine !

Le supplice de Tantale rend Félix chèvre....

Le supplice de Tantale rend Félix chèvre….

Dans l’avion qui nous mène à Koh Samui, île du sud-est de la Thaïlande, nous lisons un article sur l’hôtel que nous avons réservé via internet… « The sexiest place on hearth » disent-ils… cela sent l’erreur de casting pour nous.
A notre arrivée le début de la visite confirme nos craintes, bar resserré autour d’une piscine timbre poste, le tout nimbé d’une musique de club. Puis nous poussons une porte pour découvrir notre chambre au design épuré et au calme … et surtout au bord d’un superbe couloir de nage de 60 mètres, le rêve de tout nageur ! A sa vue Félix fond en larmes, comprenant qu’il ne pourra pas en profiter : c’est un véritable supplice de Tantale pour lui.

Au final nous n’aurons pas vu tant de gens sexy mais plutôt des petites familles comme nous et nous aurons beaucoup profité de la plage, de la terrasse et de la piscine. En revanche chaque jour au moment du coucher de soleil de gros nuages ou une averse nous gâchent le spectacle, comme un rituel.
Nous nous laissons bercer par une douce torpeur entrecoupée de gesticulations sportives.
La plage est déserte, les restaurants très peu fréquentés… où sont les touristes ? 

DSCN7231

Félix casse son plâtre dans une chute, ce qui nous vaut à nouveau 3 heures dans un hôpital pour à nouveau radio puis refaire le plâtre… boys will be boys disent les Anglais n’est-ce pas ?
Les enfants parviennent à tenir le rythme de 4 leçons par jour (nous en sommes aux révisions) malgré l’environnement qui prête davantage aux vacances… courage, on arrête bientôt !

Un tour en voiture d’une journée nous confirme que l’île a peu d’intérêt au-delà de ses plages si ce n’est une nature encore très préservée sur les côtes Ouest (où nous sommes) et Sud. Nous assistons également à un spectacle bricolé avec des serpents et autres bestioles, incluant certaines visions cauchemardesques comme ce visage recouvert de scorpions noirs…

Le cauchemar....

Le cauchemar….

Mardi nous prenons le ferry de Koh Samui à Koh Pha Ngan, la fameuse île de la pleine lune…

Ode chevaline et bras cassé

2 au 6 juillet 2013 – Lac blanc à Oulan Bator

DSC_0338

Nous rejoignons le lac Ugii après une journée de route éprouvante depuis le Lac blanc. En arrivant au campement, la terrasse est envahie par un groupe de motards français qui roulent en Royal Enfield, des motos indiennes vintage. Nous partageons un apéritif bien arrosé, ébahis par les réserves d’alcool emportées dans leurs bagages et franchement pas mécontents de retrouver le goût unique du pastis. Nous nous adonnons aux loisirs mongols le lendemain matin : pêche et tir à l’arc.
Après les chevaux moteur, les chevaux mongols ne nous quittent plus, symboles vivants de l’histoire et de la culture mongole.

Comme à l’île de Pâques avec le Tapati nous ratons le Naadam à quelques jours. C’est la grande fête qui se déroule sur 3 journées à Oulan Bator mi-juillet où se tiennent les compétitions des 3 «jeux virils» de Mongolie : la course à cheval, le tir à l’arc et la lutte.
Néanmoins des événements similaires, de taille moindre mais sans touristes, se déroulent dans les villages mongols dès début juillet. Nous assistons ainsi à une course de chevaux dans un hameau sur la route menant à la capitale. Les chevaux montés par des gamins (8 ans en moyenne) sont lancés au triple galop, parfois à cru, le tout dans un nuage de poussière d’où émergent cavaliers et puissants 4×4 des propriétaires hurlant leurs encouragements à leurs poulains tels les entraîneurs au Tour de France.

Course au coude à coude

Course au coude à coude

Retour à la civilisation à Hustain à 90km de Oulan Bator : des touristes au restaurant, des champs cultivés, des véhicules sur les routes etc……
Mais la spécificité du parc national de Hustain ce sont les chevaux sauvages dits Takhi ou Chevaux de Przewaski uniques au monde et réintroduits récemment après leur disparition. Tel dans un safari africain nous sillonnons les collines verdoyantes jusqu’à découvrir une horde venant se désaltérer au soleil couchant dans un silence de cathédrale : magique.

Nos 2 dernières nuits en yourte se déroulent dans le Terelj National Park à l’Est de Oulan Bator dans un paysage inédit de montagnes parsemées de rochers aux formes tortueuses. Une fois encore nous sommes seuls dans le campement et profitons de la campagne environnante notamment à cheval, une nouvelle fois sans Natacha. Au retour des 2 heures de balade notre guide mongol est admiratif des enfants qui ont tenu trot et galop sur des chevaux vigoureux et sans casse : chapeau !

DSC_0538Quelques minutes avant de nous rendre à la statue de Gengis Khan, la plus grande statue équestre du monde paraît-il (encore un cheval !), Félix tente un dernier «aero stricker» de la balançoire du campement (nous le laissons expliquer cette cascade sur le blog des enfants)… et se tord de douleur au bras. Nous fonçons directement sur l’hôpital de traumatologie de Oulan Bator à 50km. Là pour une vingtaine d’euros au total donnés de la main à la main à la radiologue, l’interne et l’infirmière nous apprenons que son avant-bras est fêlé et le faisons plâtrer immédiatement dans une ambiance de Cour des miracles… Plus de peur que de mal au final mais nous sommes attristés pour Félix qui ne pourra pas profiter de la mer thaïlandaise, lui qui adore l’eau en bon Poisson.

Nous quittons cette contrée superbe aux espaces infinis, habitée de nomades généreux et héritiers de traditions et savoir-faire uniques avec un gros pincement au cœur.

La seule chose que nous ne regretterons pas de la Mongolie, c’est la cuisine. Elle est certes généralement goûteuse mais lourde : tout est à base de bœuf ou mouton, de gras et de pâtes ou riz, les légumes sont souvent enduits de mayonnaise et les laitages très fermentés. Nous attendons avec impatience la cuisine thaïlandaise, notre prochaine et dernière étape, pour retrouver fruits, poissons et légumes.